CESARIENNE : MON TEMOIGNAGE

CESARIENNE : MON TEMOIGNAGE
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Le témoignage que je livre de mes trois césariennes n’a pas pour but d’affoler les futures mamans : loin de là car c’est tout le contraire que je désire. Je souhaite leur démontrer sans pour autant les angoisser, qu’une césarienne d’urgence est possible.

Bien sûr qu’il faut que les futures mamans abordent la naissance positivement et avec zénitude. Mais, il me semble primordial d’envisager tous les angles d’un accouchement. Afin, qu’elles puissent se préparer mentalement à toute forme d’urgence. Par la relaxation, l’hypnose, le yoga, et autres, il est possible de considérer tous les cas possibles et d’y faire face malgré l’appréhension et la peur de l’inconnu.

Cet article a pour ambition de vous montrer qu’elles ont été mes réactions, ce que j’ai ressenti et comment je suis arrivée à avoir une vision moins dramatique de ces trois césariennes. Parce que mon expérience peut aider d’autres mamans dans mon cas à prendre du recul et de ne plus ressentir ce sentiment d’avoir été dépossédées de la naissance de leur enfant. Parce que donner la vie, quelle qu’en soit la manière,  il n’y a rien de plus sublime au monde.

DES GROSSESSES AU TOP

J’ai adoré être enceinte. Sentir mes bébés, savoir qu’ils se développaient sereinement au cœur de mon être, c’était magique !

C’était pour moi une vraie fierté d’exhiber mon ventre rond aux yeux de tous : robes moulantes, tee-shirts près du corps. Bref, j’étais une fashion future maman 😉

Préparer mes affaires pour la maternité, laver les petits vêtements, ce fut un kiff complet. Avec la sage-femme, j’ai préparé leur arrivée avec impatience. Je savais que je voulais les allaiter (Cliquez ici pour lire mon article sur  mes 5 astuces pour un bon allaitement)

MA PREMIERE CESARIENNE

J’arrive à la maternité avec de la fièvre. Je vomis, les contractions sont fortes. Bref, c’est la panique. Je ne dilate pas assez vite, mon bébé fait une détresse respiratoire.

La césarienne s’impose en urgence. Le personnel s’affole, mon mari est laissé pour compte. Dès que mon fils 1er du nom pointe le bout de son nez, il part avec le SAMU direction un hôpital qui possède un service de néonatologie. J’apprends plus tard que j’ai attrapé un staphylocoque doré et que je l’ai transmis à mon bébé dans les poumons.

Je ne vois pas mon enfant durant quatre jours. L’hôpital ne veut pas de moi, vu la bactérie que j’ai en moi.

Mais tout s’arrange, je rejoins mon petit ange le cinquième jour. Il va bien, moi aussi. Une semaine plus tard, on rentre à la maison tous les trois.

Seulement, cette césarienne, je l’ai très mal vécue. Pour l’arrivée d’un premier enfant, j’étais servie. Mon statut de mère avait été bien écorné.

Mais, je prends sur moi, j’essaie de passer cet épisode douloureux pour me consacrer à mon fiston. Ma mère vient de décéder. A ce traumatisme de naissance, vient s’ajouter la perte de celle que j’adorais. Je mets donc un joli pansement sur cette plaie pas du tout refermée.

MA DEUXIEME CESARIENNE

Je décide pour ma deuxième grossesse, d’accoucher dans un hôpital de niveau 3, au cas où… Intuition ? Je ne sais pas, toujours est-il que c’est une bonne initiative.

Le travail commence. Les contractions se font de plus en plus fortes, je dilate très très lentement. Au bout de 23 heures,  voyant que le bébé descend lors des contractions mais remonte aussitôt après, le personnel décide de me faire une césarienne en urgence (hé oui, encore une).

Pour moi, c’est une catastrophe ! J’ai une peur terrible qui me submerge. Peur de quoi ? je ne sais pas, mais elle est incontrôlable.

Mon mari ne pouvant pas rester lors de l’intervention, je prends la main de l’anesthésiste pour ne plus la lâcher. J’ai besoin de réconfort, que l’on m’accompagne durant cette épreuve. Je suis si terrifiée !

Heureusement, ma fille va bien. Je la retrouve quelques heures après avec mon mari. Mais, je sens que cette césarienne fait remonter quelque chose que je voulais ignorer.

Je fais encore bonne figure, parce que ma famille va bien. Mais, je sais que pour moi ce n’est pas le cas. Je ne peux pas dire que je fais une déprime. Je ris, j’échange, je travaille, je m’occupe de ma famille. Et pour calmer ce  monstre tapi au fond de moi, je fais de l’automédication : je mange pour combler un vide et je grossis.

Au bout d’un moment, je ressens le besoin de voir une psy. Il est temps pour moi, de diagnostiquer ce qui ne va pas. Parce que finalement, je ne sais pas pourquoi je mange et je grossis. Il faut que je fasse le deuil de ma mère et que j’évacue tout le reste. Ce fut compliqué et douloureux. Mais je réussis à retrouver le chemin de la sérénité.

MA TROISIEME CESARIENNE

Pour mon fil 2ème du nom, forcément ce sera une césarienne programmée. J’avais espéré que non mais à 41 ans et déjà deux césariennes à mon compteur, je ne peux pas y échapper.

Mais je suis sereine car je me suis préparée. Grâce au travail psychologique fait en amont, j’ai pris du recul.

J’accueille mon troisième ange, avec bonheur. C’est un magnifique bébé. La famille est enfin au complet. J’ai fait du bon travail. Je peux enfin être fière de moi.

CONCLUSION

Si c’était à refaire, je me préparerais psychologiquement. Parce que les équipes médicales ont été au top au niveau médical mais zéro pointé question psychique.

Après mes deux premières césariennes, personne n’est venu me parler, je n’ai eu aucune aide psychologique. J’étais seule face à ce que j’avais vécu.

Je m’en suis beaucoup voulu : pourquoi je ne dilatais pas assez vite ? J’aurais dû me renseigner plus sur les maternités axées sur le couple maman/bébé et moins médicalisées.

Pendant longtemps, j’ai pensé que ces deux césariennes n’étaient pas des accouchements. Que j’avais raté la rencontre avec mes enfants.

Finalement, ma thérapie m’a aidée à relativiser. Sans ces interventions médicales, mes bébés ne seraient pas de ce monde.

A toutes les mamans du monde, je voudrais leur crier que rien n’est jamais écrit mais qu’elles font de leur mieux.

Et que le plus important, c’est de faire ce qui est nécessaire pour la santé de nos loulous et de la nôtre.

Il est indispensable de faire appel à un professionnel quand ça ne va pas, parce que une maman qui ne va pas bien, c’est une famille en déséquilibre.

About Nadine FIORI


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